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actu eco mouillagesDans un contexte d’urbanisation des littoraux, les initiatives nationales pour concilier les activités économiques maritimes et la préservation de l’environnement marin sont de plus en plus nombreuses. Depuis plusieurs années, le réseau des aires marines protégées travaille activement avec les acteurs du nautisme pour parvenir à une navigation durable. Une journée de conférences et d’échanges autour de la thématique des mouillages éco-innovants a eu lieu le 21 novembre 2019, à l’Université de Bretagne Sud.

Cette rencontre interprofessionnelle, organisée par l’Agence Française de la Biodiversité et l’association Innovations Bleues, présentait les nouveaux dispositifs de mouillages qui permettent aux usagers de la mer de ne pas ancrer directement sur les fonds marins. En effet, le frottement de la ligne de mouillage sur le fond et l’arrachage des végétaux par l’ancre constituent les principaux facteurs de dégradation des habitats marins. Cet impact est fort préjudiciable en présence d’espèces remarquables (herbiers de phanérogames, Grande Nacre…).

Au cours de cette journée, les entreprises spécialisées dans les mouillages écologiques, gestionnaires d’aires marines protégées, élus, services de l’État, collectivités ou encore associations, venus des différentes façades maritimes françaises, ont apporté leurs témoignages et expériences dans ce domaine.

Dispositifs de mouillages

Différentes catégories de mouillages éco-innovants ont été présentées au public :

  • Mouillage avec bouée de subsurface
  • Mouillage avec ligne innovante (sans bouée de subsurface)
  • Mouillage à scellement d’ancrage
  • Mouillage à vis
  • Mouillage à vis à ressort

La plupart des mouillages innovants fonctionnent généralement selon le même principe. Un système de flottabilité immergé permet de maintenir la chaîne en hauteur même à marée basse, et/ou de réduire sa longueur, ce qui limite le ragage sur les fonds. Aussi des aussières en textile ou des aussières entourées d’une gaine textile furent développées pour compléter ce système.

Choix de la zone de mouillage

De nombreux paramètres sont à prendre en compte avant d’installer un système de mouillage innovant. Tout d’abord, chaque façade maritime possède des caractéristiques écologiques propres : par exemple, dans les eaux Atlantique, le dispositif doit être adapté aux importantes variations de hauteur d’eau engendrées par le phénomène de marée.
Dans les eaux chaudes et salées d’outre-mer, un effort supplémentaire en termes de maintenance technique doit être réalisé pour ces eaux favorables à la corrosion. Il faut également porter attention à la courantologie atypique de la Méditerranée avant toute installation du système.
Il faut aussi veiller à ce que les mouillages soient suffisamment résistants à d’éventuelles conditions météorologiques extrêmes ; la plupart des dispositifs sont retirés en période hivernale.

En second lieu, les activités socio-économiques et les enjeux écologiques de chaque bassin maritime doivent être appréhendés et le choix du site d’implantation particulièrement stratégique. Cette étape complexe visant à établir un « état des lieux » de la situation globale peut-être facilitée par la production de supports cartographiques présentant les différentes contraintes : socio-économiques, écologiques, météorologiques etc.

Un des cas les plus évoqués concernait la Méditerranée, où l’industrie du yachting présente chaque année un chiffre d’affaire d’environ 1,7 milliards d’euros suite à la fréquentation de touristes étrangers sur les littoraux français en saison estivale. Il faut donc veiller à répondre aux enjeux de préservation des aires marines protégées sans compromettre leur fidélité aux sites de navigation, en proposant notamment un coût adapté sur la zone de mouillage.
Plus d'informations sur le site Sciences et Avenir

Enfin, un des paramètres influençant le plus le choix du mouillage est le type de substrat. Même si la plupart des espèces végétales emblématiques telles que les zostères en Atlantique et l’herbier de Posidonie en Méditerranée reposent sur un substrat meuble, chaque site possède des particularités dans sa composition du fond. C’est pourquoi des analyses approfondies par des scientifiques sont systématiquement réalisées en amont du projet.

Le mouillage à scellement d’ancrage est le plus adapté aux substrats durs : il permet de préserver le peuplement coralligène caractéristique des fonds rocheux. Ce dernier est fortement vulnérable du fait de sa faiblesse vitesse de croissance et de sa relative absence de résistance mécanique.

Gestion des mouillages, acceptabilité sociale et efficacité

Pour le porteur de projet, la gestion de mouillages de moindre impact nécessite environ 10 jours de travail par an. Le coût des lignes de mouillage innovantes est similaire à une ligne de mouillage traditionnelle, soit environ 600 euros par an, avec des variations selon le dimensionnement de l’équipement. Les moyens humains déployés pour le suivi sont relativement faibles, à raison de deux plongeurs et un surveillant de surface.

De manière générale, la mise en place de mouillages écologiques est globalement bien acceptée par les plaisanciers, même si une démarche préalable de sensibilisation peut se révéler utile voire nécessaire pour créer un climat favorable à cette initiative. Des demandes sont régulièrement formulées par des clubs nautiques ou collectivités pour étudier l’implantation de nouvelles zones de mouillages.

Aujourd’hui de nombreuses études scientifiques démontrent que ces techniques de mouillage alternatif réduisent considérablement la régression de la faune et de la flore jusqu’alors observable sur la plupart des fonds marins côtiers. Puisque ces derniers abritent une biodiversité exceptionnelle et améliorent indirectement la qualité des eaux, chaque initiative locale est bénéfique pour l’écosystème marin et l’ensemble des professionnels du secteur maritime !

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